gement, la solidarité... « Ici, nous les préparons pour l’avenir », souligne Nathan Smila. « Il en faut du courage, quand on a six ou sept ans, pour partir loin de sa famille et dormir dans la même chambre que d’autres enfants qu’on ne connaît pas. Je ne cesse de le rappeler à celles et ceux qui pleurent parfois, en fin de journée, parce qu’ ils ne se sentent pas bien. » L’aspect sécuritaire – qu’il soit physique, moral, affectif ou émotionnel – est d’ailleurs un élément primordial pour garantir la réussite du camp d’été. Mais il n’est pas le seul : dans cette pyramide de l’animation, il y a également le plaisir et la transmission ! LES LOISIRS ET LE JUDAÏSME Avec son homologue, Simon Bismuth, directeur du CJJL, Nathan Smila a déroulé sa pelote, avec deux fils conducteurs : un bleu pour les activités, un rouge pour la dimension identitaire. Le premier a conduit les enfants à découvrir les sports de montagne : canyoning, rafting, trottinette, escalade en arbre... « L’objectif était d’explorer la région », précise le Lausannois – qui est aussi hyperactif que Nathan est posé. «Nous avons fait une randonnée dans les bisses. J’ai aussi fait venir une musher de Champéry, avec trente huskies, pour organiser une cani-rando. » Les plus grands sont même descendus à pied jusqu’au camping TCS de Sion pour une nuit sous tente. Voilà pour le loisir ! Mais cette colonie est surtout un lieu d’ancrage identitaire fort. Alors qu’elle réunit des enfants plus ou moins pratiquants, issus d’écoles juives et publiques, elle reste un magnifique terrain de jeu pour explorer les traditions de la culture juive et en transmettre les valeurs fondamentales. Prière matinale, port de la kipa ou de la casquette pour les garçons, Birkat Hamazon à la fin des repas... Le judaïsme est présent de manière naturelle et vivante. «Chaque matin, nos deux chinchiniot, Noah et Yarden, préparaient les pages juives pour présenter, en hébreu, une personnalité israélienne du monde politique, artistique ou économique », ajoute Nathan Smila. « Israël est d’ailleurs le thème que nous avons choisi pour cette année. Ce pays a une place importante au cœur de l’identité juive – à travers la langue, la culture ou la politique. Nous entretenons tous un lien avec ce pays. Cela nous a permis de traiter cette thématique sous plusieurs aspects : géographique, biblique, historique, gastronomique... » UNE OUVERTURE SUR LE MONDE Les «Maccabiades », supposées se dérouler en Israël, s’inscrivent dans cette logique. Comme la présence au menu du shawarma, des aubergines tehina ou des ptitim, ces grains de pâtes créés dans les années 50 pour pallier le manque de riz. Le week-end, toute la colonie a célébré le chabbat, en présence du Grand-rabbin Mikhaël Benadmon et de son épouse, Sivan. « Il a également animé une séance de questions-réponses avec les enfants », relève Nathan Smila. Le directeur du CCJJ, lui, s’est fendu d’un discours, au moment du kidoush, pour challenger les enfants sur certains passages de la Torah, comme la sortie d’Égypte du peuple juif ou la création du monde par D.ieu. « Il l’a créé en six jours et, le septième, Il s’est arrêté, non pas pour se reposer, mais pour observer tout ce qu’Il avait fait pendant la semaine », leur dit-il. Comme une incitation à prendre parfois du recul avec leur quotidien. Lorsqu’ils sont rentrés à la maison, le vendredi soir, combien de ces enfants et adolescents ont allumé une bougie avant le coucher du soleil et pris le temps de considérer tout ce qu’ils ont accompli pendant ces treize jours de colonie ? Ils ont certainement pensé aux amitiés qui se sont forgées en Valais ; aux rires et, parfois, aux pleurs qui ont teinté leur séjour ; à ces petits accrocs qui font aussi partie de la vie ; à tous ces moments de partage forcément inoubliables... Si ce camp d’été est une formidable « machine à souvenirs », il est aussi une ouverture sur le monde, où il est question de tolérance, de courage, d’intégration et de résilience. EN HOMMAGE DE TSOFIA « Je suis impressionné par le travail des animateurs », souligne encore Nathan Smila. « Ils sont sans cesse sur le fil du rasoir : être à l’écoute, jouer avec les enfants, être leurs copains, mais aussi faire preuve d’autorité en cas de besoin... Ce sont eux qui sont également au front, en pleine nuit, quand un enfant est malade ! » Le directeur du CCJJ ne manque pas de saluer aussi tous les membres du staff – des cuisiniers aux assistantes médicales, de la sécurité aux femmes de ménage – qui « font toujours plus que ce qu’on leur demande ». Mais le succès de cette colonie ne serait pas possible sans son binôme. Les deux directeurs se sont réparti les tâches Au programme de la journée, activités sportives et ludiques ! Simon Bismuth et Nathan Smila, directeurs du CJJL et du CCJJ. 24 LE REPORTAGE LE MAGA Z INE DE L A C I G N ° 1 9
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