CIG_JOURNAL_N°19_ FLIPBOOK

Avec l’arrivée de trois nouveaux membres (Jessica Ghouzi, Cécile Lederman, Neil Berdugo), votre comité s’est aussi fortement renouvelé... Je suis vraiment conscient de la chance de pouvoir compter sur ce comité talentueux et particulièrement engagé. Cette équipe réunit des compétences variées, des expériences différentes et des sensibilités complémentaires. Elle reflète la diversité de notre communauté et constitue l’un de ses plus précieux atouts. Dans les années à venir, le succès de nos projets dépendra avant tout de notre capacité à travailler ensemble dans un climat de confiance et de respect mutuel. Il est précieux d’avoir des gens, qui s’investissent avec autant de dynamisme, autour de cette mission commune. Quelle est la force principale de la CIG? Sa diversité. Nous sommes issus de multiples horizons. Nos histoires familiales sont différentes. Nos sensibilités, religieuses, culturelles ou générationnelles, peuvent parfois varier. Pourtant, malgré cette diversité, nous partageons une même mémoire, un même héritage et un même désir de transmettre. Dans un monde où les oppositions sont souvent mises en avant, je suis convaincu que notre rôle consiste à favoriser ce qui nous rassemble. L’unité ne signifie pas l’uniformité. Elle suppose au contraire le respect des différences et la capacité de construire ensemble malgré elles. Mon engagement au sein du comité m’a permis de découvrir encore davantage cette richesse humaine. J’y ai rencontré des personnes d’une grande générosité, animées par le désir sincère de servir la communauté. Cette expérience a été déterminante dans ma décision d’accepter la présidence. Quelles valeurs guideront votre mandat ? Il y en a quatre. Elles sont simples, mais essentielles. La première est l’écoute. Une communauté ne peut progresser que si chacun se sent entendu et respecté. La deuxième est le dialogue : les débats sont naturels dans une communauté vivante, ils deviennent même une richesse quand ils s’inscrivent dans le respect et la recherche du bien commun. Et les deux dernières ? Il y a encore le rassemblement : nous devons continuer à créer des ponts entre les générations, entre les différentes composantes de notre communauté et entre tous ceux qui souhaitent contribuer à son avenir. Quant à la dernière valeur, c’est la transmission ! Nous avons reçu un héritage exceptionnel et notre responsabilité est de le transmettre à notre tour. Cela concerne aussi bien notre histoire que nos valeurs, nos traditions et notre engagement collectif. Cette notion de transmission est très importante pour vous. C’est même l’un des thèmes centraux de votre dernier roman, Partition secrète. Pourquoi ? Mon histoire personnelle est profondément liée à cette notion. Comme beaucoup d’entre nous, j’ai grandi dans une famille où l’identité juive n’était pas seulement une appartenance, mais un ensemble de valeurs vécues au quotidien : le respect des autres, le sens des responsabilités, la solidarité, le dialogue entre les générations, l’importance de la mémoire... Avec le temps, j’ai compris que ces valeurs ne prennent tout leur sens que lorsqu’elles se traduisent en engagement. Être membre d’une communauté ne consiste pas uniquement à en bénéficier. Cela implique aussi de contribuer à son développement et à sa pérennité. C’est cette conviction qui m’a progressivement conduit à m’investir davantage dans la vie communautaire. La transmission est aussi fondamentale au sein de la communauté... Je dirais même que la transmission est au cœur de notre identité. Le judaïsme s’est construit à travers les générations grâce à cette chaîne ininterrompue de transmission des savoirs, des valeurs, des traditions et de la mémoire. Dans mes nouvelles fonctions, je vois cette mission comme une responsabilité collective. Il ne s’agit pas seulement de transmettre un héritage, aussi précieux soit-il, mais de le rendre vivant et pertinent pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Nous devons donner à nos jeunes l’envie de s’approprier cette histoire, de s’engager dans la vie communautaire et de devenir à leur tour des passeurs. La transmission passe bien sûr par l’éducation, mais aussi par l’exemple, par le dialogue entre les générations et par la création d’espaces où chacun se sent accueilli, écouté et valorisé. Notre communauté est riche de l’expérience de ses aînés et de l’énergie de sa jeunesse ; mon rôle sera de favoriser cette rencontre. J’aimerais que la Communauté Israélite de Genève soit toujours davantage un lieu où l’on reçoit, où l’on partage et où l’on transmet, dans un esprit d’ouverture, de respect et de continuité. Car transmettre, ce n’est pas seulement préserver le passé : c’est donner les moyens de construire l’avenir. Vous êtes CEO de Raymond Weil depuis 2014. Qu’est-ce que votre parcours professionnel vous a apporté ? Ce parcours m’a apporté beaucoup, mais surtout il m’a permis d’apprendre des autres. J’ai eu la chance d’évoluer au sein d’une entreprise familiale avec des collaborateurs engagés, des partenaires fidèles et des personnes qui m’ont fait confiance au fil des années. Il m’a appris que l’on ne réussit jamais seul. Le rôle d’un dirigeant n’est pas d’avoir toutes les réponses, mais de savoir s’entourer, écouter, créer les conditions de la confiance et permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même. J’ai également appris l’importance du temps long. Dans une maison comme Raymond Weil, on ne pense pas seulement au prochain trimestre ; on pense aux générations suivantes, à ce que l’on construit et à ce que l’on transmet. C’est probablement ce qui fait le lien avec mon engagement au sein de la CIG. Dans les deux cas, il s’agit avant tout de servir une institution qui nous dépasse, de préserver un héritage tout en le préparant pour l’avenir. Est-ce qu’on dirige une communauté comme on gère une entreprise ? Pas tout à fait. Une communauté doit être gérée avec le même sérieux et le même professionnalisme qu’une entreprise, notamment en matière de finances, d’organisation, de gouvernance 18 LA RENCONTRE LE MAGA Z INE DE L A C I G N ° 1 9

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