CIG_JOURNAL_N°19_ FLIPBOOK

bag a écrit un livre-choc, intitulé J’ai perdu un Bédouin dans Paris, dans lequel il parle de son engagement, pendant deux ans, auprès des familles des otages, et de la solitude des Juifs depuis ce 7 octobre de sinistre mémoire. Messages d’insultes, vague de haine, protection 24/24 pour sa famille et lui... Rien ne lui a été épargné durant cette période. Cela ne l’empêche pas de rester droit dans ses bottes et de condamner un antisémitisme explosif, ainsi que « l’émergence d’un mal nouveau auquel nous n’étions pas préparés : l’algorithme des réseaux sociaux », comme il le précise dans une interview au média Times of Israel. «C’est l’acculture crasse des réseaux sociaux qui fait qu’on se retrouve avec une génération de crétins qui défilent dans la rue. (...) Il faut s’instruire et comprendre ce qui se passe, d’autant que la région est très compliquée en termes géopolitiques. » Arthur Essebag a choisi de ne plus se taire et de mettre sa judéité en avant. L’homme avoue avoir un lien charnel avec Israël, un pays qu’il a rencontré à travers les yeux de sa mère. « Je l’ai aimé à ma manière. Il y a autant de Juifs que de manière d’aimer Israël. Mon sionisme n’est ni politique, ni religieux. » Il a également décidé de combattre l’antisémitisme. Avec ses propres armes. Il a produit un documentaire, Supernova : The Music Festival Massacre, de Danna Stern, monté une exposition à Paris, I Don’t Want To Forget, avec des œuvres créées après le 7 octobre, et vient de lancer une série de vidéos, baptisée Klichés, pour démonter les clichés antisémites par l’absurde. « J’ai le sentiment que le mal du siècle relève de l’éducation. Si j’avais prononcé la moindre phrase raciste à la maison, mon père m’aurait dézingué. Ça n’existait pas chez nous. Tout passera par l’éducation. » Pour lui, voir des gamins portés le keffieh dans la rue, en proclamant « From the river to the sea », sans même savoir ce que cela signifie, est une aberration. Et personne, dans les médias, dans les gouvernements, ne bougent le petit doigt pour dénoncer. « La haine des Juifs est un phénomène de mode », clame Frank Tapiro, président de Diaspora Defense Forces, au micro d’Europe 1. «On s’attaque à notre identité, à notre condition de Juif. » Il trouve cela d’autant plus inacceptable que la majorité des artistes israéliens sont de gauche et, par conséquent, sont contre Benyamin Netanyahou. «Au lieu de les boycotter, on aurait dû les faire venir en Europe et organiser un festival israélien pour faire entendre d’autres voix », propose-t-il. Y a-t-il seulement suffisamment d’ouverture d’esprit et de tolérance aujourd’hui pour permettre ça ? Pas sûr. Demandez à Boy George qui, sans être juif lui-même, a essuyé une vive polémique après la sortie de son dernier titre, pro-Israélien, We Will Dance Again. Il a été contraint d’annuler sa participation à une comédie musicale à Londres à cause de ses opinions personnelles... © DC COMICS © DAVID BACHAR / HAARETZ © SHAI FRANCO Aux Francofolies de Spa, plusieurs artistes ont refusé de partager la scène avec Amir. Menaces et appels au boycott font partie du quotidien de Gal Gadot. Rescapée de l ’attaque du 7 octobre, Yuval Raphael a terminé deuxième de l ’Eurovision en 2025. Producteur et animateur TV, Arthur Essebag condamne « l ’acculture des réseaux sociaux ». 13 SEP TEMBRE 2026

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