Rabbi Moche Isserles (Rama) parle de ce sujet à deux reprises dans ses gloses sur le Choulkhan Aroukh Orakh Hayim (chapitres 48 et 95) et rappelle l’usage des communautés ashkénazes que les personnes soucieuses d’une prière fluide ont l’habitude de se balancer pendant la prière. Nos frères séfarades se balancent-ils ? Des décisionnaires séfarades comme le Rav Hayim Yossef David Azoulay (Hida) adopte les propos de Rabbi Menahem Azaria de Fano et écrit qu’il vaut mieux ne pas se balancer pendant la prière, car on se trouve alors devant un roi (Mahzik Brakha 48, 5). Rabbi Moshe Sofer dans son Kaf Hahayim (Orakh Hayim 48, 9) considère quant à lui que la prière est une demande de miséricorde : il faudrait donc laisser le balancement pour l’étude uniquement et rester immobile durant l’Amida. Cela reviendrait-il à dire que les séfarades sont plus calmes que les ashkénazes ? Non, assurément, et comme beaucoup de décisionnaires l’écrivent, il est bon que chacun trouve sincèrement, et sans considération des gens présents pendant la prière, la façon la plus appropriée à lui-même (Rav Ner Leezra 3, 7). Ce qui est intéressant, à mes yeux, à travers cette analyse non exhaustive d’un rituel corporel somme toute mineur est le sérieux des commentateurs et l’investissement intellectuel et spirituel engagé afin de donner un sens à chaque détail de la vie. La vie du corps ou la dimension somatique est intimement liée à la vie de l’âme, de la psyché, ce qui positionne notre réflexion au centre des réflexions contemporaines. 9 SEP TEMBRE 2026
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