CIG_JOURNAL_N°19_ FLIPBOOK

ri de Toledo auprès du président du Conseil d’État. PASSAGES CLANDESTINS À VEYRIER Au cours de l’année 1943, Armand Brunschvig réalise des visites quasi quotidiennes dans les différents camps d’internement et n’hésite pas à se rendre également à la frontière pour plaider la cause de ceux qui s’y présentent. Avec l’appui de son fils Jean, avocat de formation, il obtient des résultats concrets, évitant parfois les refoulements ou obtenant une totale libération des réfugiés grâce aux garanties fournies par la CIG. À la fin du conflit, le constat de l’immense travail réalisé par cet homme et ses proches collaborateurs s’avère certes positif, mais il est aussi chargé d’une immense amertume, celle de n’avoir pu faire mieux pour sauver ces pauvres malheureux en quête d’un ultime espoir de vie en terre helvétique. En 1947-1948, au cours de son sixième et avant-dernier mandat, il soutient l’organisation des passages clandestins qui s’opèrent à travers le cimetière israélite de Veyrier avec la complicité d’Erwin Heymann et des réseaux des cheminots français de la SNCF pour acheminer en toute discrétion près de 400 réfugiés juifs vers la Palestine, via les ports de Marseille, Sète et Toulon. UN NOUVEAU SIÈGE SOCIAL Armand Brunschvig achève son ultime mandat comme président de la CIG en 1952, en ayant accompli une dernière tâche, l’acquisition d’un nouveau siège social, celui d’un édifice à la hauteur de l’extraordinaire transformation structurelle de l’institution qui s’est opérée durant ces années de guerre et d’aprèsguerre. Ce sera l’iconique Maison juive de la rue Saint-Léger. Nommé président d’honneur de la CIG au cours de l’assemblée générale de mars 1952, le Grand-rabbin Alexandre Safran lui rend à cette occasion un vibrant hommage, insistant sur les 35 années passées au service de ses coreligionnaires en ayant fait preuve de qualités humaines incomparables. Pour Alexandre Safran, c’est une « ère » qui s’achève, l’une des plus remarquables de l’histoire de la CIG, selon lui. Il aura encore l’occasion, en compagnie du Grand-rabbin, d’inaugurer le 14 juin 1964 le monument aux victimes de la Shoah réalisée devant la Grande Synagogue de Genève. Armand Brunschvig décède en 1967 à l’âge de 85 ans. Il est enterré dans le cimetière israélite de Veyrier. SA PRESTANCE NATURELLE, SON SENS INNÉ DE LA COMMUNICATION ET SON EMPRESSEMENT AUX TÂCHES COMMUNAUTAIRES CONSTITUENT UNE MARQUE DE FABRIQUE QUI LUI APPORTE RAPIDEMENT UNE AURA FORT JUSTEMENT APPRÉCIÉE DES MEMBRES. Armand Brunschvig a achevé son mandat de président de la CIG en 1952, après 35 ans au service de la communauté. 15 SEP TEMBRE 2026

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