CIG_JOURNAL_N°18_ FLIPBOOK

Il y a quelques mois à peine, nos mots vibraient encore de gravité. Nous étions plongés dans l’incertitude, dans cette tension du monde où chaque jour semblait ajouter une ombre de plus. Et voilà qu’aujourd’hui, un plan de paix a été signé. Un plan de paix imparfait, fragile, souvent contesté, mais un plan de paix tout de même. Et c’est déjà un miracle. Ne nous y trompons pas : le plan de paix n’efface pas la douleur. Il ne répare pas tout. Mais il trace un sentier, étroit et exigeant, que nous devons emprunter avec lucidité, sans naïveté, mais avec foi. Car la paix, comme la vie juive ellemême, ne tient jamais seule. Elle demande un entretien constant. Elle s’érode vite si l’on cesse d’y croire, si on la réduit à un simple mot dans un communiqué. Nous savons, ici à Genève, ce que cela veut dire : bâtir dans le calme, maintenir la vigilance, préserver la flamme. Et à cet égard, les dernières fêtes de Tishri ont été une source de fierté et d’émotion. Jamais depuis longtemps notre communauté n’avait connu une telle affluence, une telle ferveur, une telle unité. Les synagogues pleines, les voix unies dans la prière, les familles rassemblées : tout cela témoigne d’une communauté vivante, confiante, enracinée. Et même notre Soucca, débordante de monde, bruissante de chants et de conversations, a incarné cette joie simple d’être ensemble, sous un toit fragile mais empli de sens. Ces moments rappellent que, même dans la tourmente, notre peuple trouve toujours la force de se tourner vers la vie. Et puis, il y a eu ce moment que nul n’oubliera : le retour des otages. Ces visages que nous avions appris à connaître à travers la douleur, ces noms que nous répétions dans nos prières… Les voir rentrer, les savoir vivants, les découvrir sourire à nouveau, c’est une émotion qui traverse tout le peuple juif. Une libération immense, presque physique, comme si nous pouvions enfin reprendre souffle après des mois d’apnée. Avec eux reviennent une part de notre humanité, une part de notre lumière. Mais cette émotion ne doit pas nous endormir. Nous n’avons pas le luxe de la complaisance, ni celui de la naïveté. Notre lucidité est une force, mais notre espoir en est une autre, plus rare, plus exigeante, plus courageuse. C’est elle qui nous permet d’avancer, de croire encore en la paix, sans jamais baisser la garde. Notre communauté, elle, a tenu, avancé, et grandi. Nous avons fait ce que le peuple juif fait depuis toujours : vivre debout. De l’inquiétude, faisons de la vigilance. De la douleur, faisons de la solidarité. De la peur, faisons de la dignité. Et puissions-nous continuer à faire de la CIG cette maison où chaque joie se partage et chaque épreuve se surmonte ensemble. Pour le Comité. SOMMAIRE LES NEWS 5-7 LA CHRONIQUE DU RABBIN 8-10 L’ENQUÊTE 11-13 L’HISTOIRE 14-15 LA RENCONTRE 16-19 LE PORTRAIT 20-21 LE REPORTAGE 22-25 ÇA S’EST PASSÉ À LA CIG 27-31 L’ÉTAT CIVIL 33 LA CUISINE 34 LE TRAIT D’HUMOUR 35 Editeur Communauté Israélite de Genève Rédaction en chef Noémi Amatriain Rédaction Mikhaël Benadmon Noémi Amatriain Jean Plançon Jean-Daniel Sallin Relecture Muriel Calef Conception BuxumLunic www.buxumlunic.ch Photo de couverture Studio Aigal Tirage 1500 exemplaires Impression Van der Poorten LE COURAGE DE LA PAIX TEXTE ÉRIC RODITI L’ÉDITO 3 AOÛT-NOVEMBRE 2025

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