nouvelée, un désir profond du public de découvrir des films qui les touchent, les questionnent et les instruisent. » INTÉGRER LA COMMUNAUTÉ EN VILLE Instruire et transmettre, c’est justement la vocation de la Journée européenne de la culture juive ! Depuis son lancement en 1996 par le B’nai B’rith de Strasbourg, cet événement est devenu LE rendez-vous incontournable de la rentrée dans une trentaine de pays. Chaque année, au travers d’un thème commun, elle met en lumière la diversité de la vie juive et l’importance du judaïsme pour l’histoire locale et régionale. Cette année, il était question du rôle particulier de l’écriture et du texte dans la tradition juive. À Genève, plus de 150 personnes, issues des communautés et du grand public, ont participé à cette journée – dont le programme a été coordonné par la CIG, le GIL, la loge Henry Dunant du B’nai B’rith et l’association du Patrimoine juif genevois. À la synagogue Beth Yaacov, elles ont ainsi pu se familiariser avec le métier de scribe et découvrir tous les secrets d’un Sefer Torah grâce à la présentation des rabbins, Éric Ackermann et Yaacov Gabay. Après avoir fait patiemment la queue, elles ont même pu repartir avec leur prénom calligraphié en hébreu. Pour Anita Halasz, cette manifestation, annuelle est fondamentale pour contribuer à l’intégration de la communauté juive dans la ville. C’est d’ailleurs sa raison d’être à Genève ! « La mission de la CIG est de servir ses membres, mais également de s’ancrer dans la cité », rappellet-elle. « Cette ambition est cohérente avec l’histoire même de la communauté : c’est une dizaine de familles qui ont dû se battre pour avoir droit de cité et s’installer de manière pérenne dans la cité de Calvin. Cet ancrage, gagné de haute lutte, s’est concrétisé avec la construction de la Grande Synagogue de Genève (ndlr. en 1859), classée monument historique depuis 1989. L’ambition de cette journée est d’entretenir un dialogue perpétuel avec la ville et de consolider ce lien, acquis à la force du poignet, et qui demande à être nourri régulièrement. » UN PROGRAMME RICHE À LA CIG Depuis sa prise de fonction à la CIG, il y a treize ans, Anita Halasz est d’ailleurs la première à promouvoir la culture juive aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la communauté. À l’instar de l’exposition, en 2021, sur les quais de Genève, sur Carl Lutz, ce vice-consul de Suisse, basé à Budapest, qui sauva la vie de plusieurs dizaines de milliers de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, elle organise chaque année des événements à la Maison Juive Dumas ou à la synagogue Beth Yaacov. Rencontres littéraires, cycles de conférences, soirées thématiques sur les familles genevoises, sorties au Grand Théâtre ou à la Comédie... Le programme est riche et s’adresse en priorité aux membres de la CIG, mais également à tous les sympathisants de la communauté juive. Il donne une idée, très large, de cette culture et de son dynamisme. « Par leur histoire, les Juifs sont amenés à être des passeurs », analyse-t-elle. «Chassés de partout, ils ont été amenés naturellement à parler plusieurs langues et à faire le lien entre les choses. C’est un peuple fascinant qui a marqué le monde de son empreinte du fait de sa distribution diasporique. Ainsi, rapporté à la population juive, le nombre d’ initiatives culturelles et d’associations actives à Genève est incroyable ! » Pourquoi se priver de ce foisonnement ? Pourquoi ne pas simplement profiter de cette richesse séculaire pour s’élever et prendre un peu de la hauteur avec les enjeux géopolitiques qui secouent notre planète ? © STUDIO AIGAL ® DR © POINT-OF-VIEWS Douglas Kennedy a participé au premier Salon des auteurs et autr ices. En 2021, une exposition sur Carl Lutz avait été présentée sur les quais de Genève. EN PARTENARIAT AVEC LA CILV, LA CIG ORGANISE UN DÉPLACEMENT EN TRAIN À BÂLE, LE DIMANCHE 1ER FÉVRIER, POUR VISITER LE MUSÉE JUIF DE SUISSE. INFOS ET INSCRIPTIONS SUR WWW.COMISRA.CH. Le Musée juif de Suisse déménage dans une demeure du XIXe siècle. 13 AOÛT-NOVEMBRE 2025
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